Namaste!
Nous voila en Inde depuis 10 jours et souvenevez vous : "l'Inde, soit on adore, soit on déteste". On doit avouer... qu'on adore! On est litéralement tombé sous le charme! La preuve est que nous avons fait et vu tellement de choses qu'on en a squizzé nos obligations cybernétiques... On se rattrape!
Nous sommes arrivés a Bombay, ville bondée, a l'image de l'inde qui compte plus d'un milliard d'habitants dont les 2/3 vivent dans le nord... Des gens, des gens, partout dans la rue, surtout des hommes, et les quelques femmes apportent des couleurs magnifiques avec leurs saris. Des hommes et des femmes dans la rue, mais aussi... des vaches! Ici cet animal est sacré, donc pas mangé, mais ces pauvres vaches ont beau etre protegées, leur sort n'en est pas meilleur : elles errent dans la rue, comme les chiens ou les pigeons, a la recherche de nourriture, fouillant les poubelles. Elles sont peut-etre sacrées, mais leur sort est bien triste...
Nous avons vite fuit Bombay en prenant un train pour le Rajastan : 20h de train pour rejoindre Pushkar. Nos aventures indiennes n'ont fait que commencer... Nous étions en 2eme classe dans les wagons couchettes, et les seuls touristes, donc l'attraction. Les indiens ont été trés sympas, trés curieux, et nous changions de voisins regulierement : le wagon était comme une grande maison avec des allées et venues, des repas partagés, des enfants qui jouent.
Le clou du spectacle a été le controleur, en fait un fakir deguisé en controleur.
Je m'explique : c'était un fakir avec une tete de fakir, un turban de fakir, une moustache de fakir, une barbe de fakir, un point rouge au milieu du front de fakir, et un costume cravate de controleur. Ses apparitions étaient spectaculaires : alors que tout le monde, a chaque nouvel arret losque des gens montaient, se disputaient la place 61 ("sishty-one"), notre fakir-controleur surgissait, et d'un simple haussement de sourcil, il remettait tout en ordre et disparaissait comme il était appparu. A tout moment, nous nous attendions a ce qu'il déroule son tapis a clou pour s'assoir dessus.
Apres 20h de train et 1h de bus, on etait content d'arriver a Pushkar.
C'est une jolie petite ville, avec un lac sacré et le seul temple au monde dedié au dieu Brahma (a cause d'une histoire d'épouse et de jalousie). Il y a donc beaucoup de pelerins, la ville est sacrée : on n'y mange pas de viande et on n'y boit pas d'alcool. Aussi, les hoteliers nous glissaient a voix basse, pour nous amadouer :"j'ai du vin dans mon restaurant!"
Nous avons passé trois jours dans cette petite ville, avec des francais habitués de l'Inde venus y faire des achats (Pushkar est LE rendez-vous de ceux qui font du buisness entre la France et l'Inde). C'était une chouette entrée en matiere, car ils nous ont appris plein de choses sur la culture indienne, les habitudes, les pieges, le tout en admirant les couchers de soleil au reflets du lac...
Puis nous avons filé sur Jaisalmer. "Chateau de sable géant au sommet de la colline du Trituka, cette cite dorée ressemble a un mirage moyenageux au milieu d'un paysage désertique. Cet oasis évoque parfaitement la splendeur ancienne du désert et des routes caravanieres." selon le Lonely Planet, et on ne saurait mieux le décrire. La citadelle est magnifique, faite de ruelles etroites et de maisons ouvragées, des portes massives et des temples tous taillés dans le meme grés doré et brillant. Cette cité est enchanteresse!
De la, nous avons fait un "safari" a dos de chameau dans le désert pendant 3 jours 2 nuits : 3 jours de soleil sec, de sable, de village en terre, d'antilope, de passage aux rares puits au balancement du chameau, et 2 nuits de lune quasi pleine, de sommeil a la belle etoile, de contemplation de lever de soleil encore enfouis dans nos duvets.
Nous y avons fait de chouettes rencontres, Djamin et le jeune Mister Dingli, spécialiste de la vaisselle au sable, et aussi un couple mixte (francaise-indien) que nous reverrons chez eux, a Varanasi, une de nos prochaines destination. Ces quelques jours dans le désert nous ont vraiment detaché du monde et du bruit, nous ramenant au rythme des nomades et de la vie sans questions compliquées.
A notre retour a Jaisalmer, nous avons eu la chance d'assister au célebre "festival du desert", et meme d'y participer! Ce festival rassemble sur 3 jours les hommes du desert et leurs chameaux, et ont lieu l'éléction de Mister Désert, Mister Moustache et Mister Turban, et meme un match de polo a dos de chameau!
Ainsi, sous la chaleur écrasante, avec notre pote japonais Shimpey, on s'est installé au milieu des saris éclatants pour assister aux festivités. Et au moment des appels pour l'éléction de Mister Turban Etranger, Lionel s'est levé d'un bond et a dit : "j'y vais!". Il n'a jamais noué un turban de sa vie, la partie promettait d'etre drole! Heureusement les participants ont eu droit a 5mn d'entrainement et finalement, mon Desert Boy préféré s'en est plutot bien tiré avec ses 7m de turban, il a fini 4eme sur 20! Mon héros!
Le lendemain, aprés le concours de chameau le mieux decoré (et leurs chameliers gonflés a bloc, fiers comme des enfants devant leur chef-d'oeuvre), nous avons participé au tir a la corde : indiens contre étrangers. Apres de rudes efforts et quelques ampoules aux mains, les étrangers, les garcons comme les filles, ont gagné. Nous avons eu droit a de belles médailles et 300 roupies chacun!
C'est donc les poches pleines de sable, de médaille, d'émotion, de chaleur et de roupies que nous avons sauté dans un train pour Agra, la ville qui abrite le célebre Taj Mahal.
Les aventures ne sont pas finies... on essaiera d'etre plus ponctuels pour vous les raconter!
On vous embrasse tous,
Lionel et Manon |